Électriciens, intégrateurs, domoticiens…
Qui va prendre le marché de l’installation ?
Chacun le sait : nous souffrons des lacunes techniques des installateurs électriciens. A quoi s’ajoute leur déficience commerciale qui ne les conduit pas à proposer les innovations du marché. Souvent débordés par le quotidien ils regardent avec circonspection l’évolution de leur mètier. « Ils freinent des quatre fers pour que le marché n’évolue pas. » se plaint ce bureau d’étude de Valenciennes. Ils ont l’impression que les nouvelles offres techniques (câblage VDI, écran tacile, wifi, multimedia, vidéosurveillance..) vont compliquer non seulement leur travail d’installation, mais la mainte- nance des systèmes. « Ils ne proposent même pas notre appareillage de couleur sous prétexte qu’il est un peu plus cher » renchérit Patrick Renaud, chef des ventes de Theben qui en a gros sur le cœur après plus de 25 ans de terrain. « Nous sommes à la traine des pays européens, derrière l’Espagne, le Portugal, l’Italie, l’Allemagne, l’Au- triche, la Suisse, le Luxembourg, la Belgique, la Grande Bretagne et les pays scandinaves », ajoute-t-il après une réunion internationale de son groupe. Pour lui le rapport est de 1 à 50 avec notre voisin Allemand en matière d’installation de produits haut de gamme et de domotique. On savait depuis plusieurs années que la formation des électriciens était un sujet critique et préoccupant, mais on pouvait penser que les efforts des constructeurs dans ce domaine allaient porter leurs fruits. A Limoges chez Legrand, à Obernai chez Hager, chez Schneider Electric ou Delta Dore à Combourg, on forme depuis de nombreuses années des centaines d’installateurs électriciens, en tout cas ceux qui se donnent la peine d’interrompre quelques jours leur journée bien remplie. C’est en effet là que le bât blesse « Ils sont débordés et ne voient pas forcément ce que leur apporterait une formation courant faible ou domotique » entend-on régulièrement. La France est sans doute le pays européen ou les formations sont les plus nombreuses mais où les installateurs compétents sont les plus difficiles à trouver. Pourtant les fabricants d’appareillage proposent «une formation très opérationnelle qui passe en revue tous les aspects stratégiques d’un système domotique avec une approche pragmatique » annonce le responsable forma- tion de Delta Dore à Combourg. Parfois on prend même en charge les frais de formation, de transport et de séjour. Chez Promotelec, ou depuis 2009 on a mis en place un « partenariat domotique » et 650 installateurs se sont déclarés com- pétents en domotique. Il s’agit sur- tout d’une compétence dans l’un des 8 domaines retenus, mais très peu d’une compétence globale. Un projet avec Qualifelec pourrait revaloriser les formations. Alors d’où peut venir la solution ? Des intégrateurs ? C’est l’avis de nombreux distributeurs comme Christophe Leupe, dirigeant de Home cinéma & domotique à Paris «les électriciens compétents et formés à la domotique sont très très peu nombreux en France. Ils continuent à proposer du traditionnel, voir à proposer du câblage HF Antenne dans les pièces de la maison ! Mais très sou- vent, il y a en amont un architecte qui, encore plus que l’électricien, est quasi systématiquement fermé à toute technologie nouvelle ! Et c’est surtout là le problème. Nous trouvons des réponses auprès d’intégrateurs, qui eux au moins, sont formés. » Même son de cloche chez le dirigeant du bureau d ‘étude Domoconcept : «peu d’entre eux sont formés en domotique. Et même s’ils le sont, le manque de pratique empêche les électriciens de mener des réalisations. Évidemment, pour faire une centralisation d’éclairages et de volets, ils n’ont besoin de personne…Bien souvent leur activité les empêche de suivre des formations, leur laissant peu de temps libre pour cette partie » souligne Christophe Lavergne. De leur côté, les bureaux d’étude domotique et intégrateurs spé- cialisés ont leur carnet de commande rempli. C’est le cas de Henri Domotique à Paris de DRC Consulting à Douvrin, de Multiroom à Clermont Ferrand, de Cap Horn sur la Cote d’Azur, ou de DOMOCONCEPT2B en Corse, pour n’en citer que quelques uns. Intégrateurs en domotique, ils ont souvent acquis une connaissance approfondie d’un système domotique qu’ils préconisent presque systématiquement.
La France dispose d’un véritable maillage d’intégrateurs domotique qui représentent une part importante du marché et le crédibilise. Tout porte à croire que le bureau d’étude technique serait seul à pouvoir écouter le client, comprendre ses habitudes, ses at- tentes, sa structure familiale et même son évolution. Grâce à la relation étroite que le BE continue à avoir avec le fabricant (qui l’a formé) il n’hésite pas à consa- crer du temps à rechercher la réponse technique la mieux adaptée. La passion du métier fait ici toute la différence entre le bureau d’étude technique et l’ar- tisan électricien débordé à la fois par son quotidien et la complexité du monde dans lequel le plonge la La France dispose d’un véritable maillage d’intégra- teurs domotique qui représentent une part impor- tante du marché et le crédibilise. Tout porte à croire que le bureau d’étude technique serait seul à pouvoir écouter le client, comprendre ses habitudes, ses at- tentes, sa structure familiale et même son évolution. Grâce à la relation étroite que le BE continue à avoir avec le fabricant (qui l’a formé) il n’hésite pas à consa- crer du temps à rechercher la réponse technique la mieux adaptée. La passion du métier fait ici toute la différence entre le bureau d’étude technique et l’artisan électricien débordé à la fois par son quotidien et la complexité du monde dans lequel le plonge la nouvelle génération de client. Une rupture que perçoit d’ailleurs la société Rexel France, multispécialise de la distribution de matériel électrique, qui a du réali- ser une vitrine domotique baptisée «maison Active» au dernier salon ENR/ENEO de Lyon pour démontrer la réalité de l’offre, la convergence entre art de vivre, domotique, éco-conception et technologie, aux électriciens.
La simplification des interfaces, l’harmonisation des protocoles, et la justification économique d’une ins- tallation (surtout en économie d’énergie), devraient stabiliser le marché de l’installation.
Voir Domotique News n° 220 Formation : un enjeu de la filière un système de climatisation qui fonctionne grâce à l’énergie ther- mique solaire. Il est destiné a être installé dans les régions qui bénéficient d’un fort ensoleillement, telles que celles situées sur le pourtour méditer- ranéen, en Afrique ou encore en Australie. Des miroirs paraboliques cylindriques concentrent le rayonnement solaire vers un tube situé au foyer des miroirs et dans lequel circule de l’eau. Celle- ci est ainsi chauffée puis vaporisée. La vapeur est alors utilisée comme source de chaleur par un ré- frigérateur à absorption de gaz . Ce dernier produit de l’eau froide qui alimente le système de clima- tisation. La compagnie prévoit de commercialiser son système à partir de 2015, au prix de 5 mil- liards de yens (46 millions d’euros). Rappelons qu’ un réfrigérateur à absorption de gaz est un réfrigé- rateur ou la liquéfaction du fluide réfrigérant est assurée non pas par un compresseur comme dans les réfrigérateurs classiques, mais par une absorp- tion par un autre fluide (dit l'”absorbeur”) suivie d’une séparation des deux fluides par chauffage et d’un refroidissement qui permet le retour a la phase liquide.
Nouvelle génération de client. Une rupture que perçoit d’ailleurs la société Rexel France, multispécialise de la distribution de matériel électrique, qui a du réali- ser une vitrine domotique baptisée «maison Active» au dernier salon ENR/ENEO de Lyon pour démontrer la réalité de l’offre, la convergence entre art de vivre, domotique, éco-conception et technologie, aux élec- tricien.
La simplification des interfaces, l’harmonisation des protocoles, et la justification économique d’une ins- tallation (surtout en économie d’énergie), devraient stabiliser le marché de l’installation.
Voir Domotique News n° 220 Formation : un enjeu de la filière

Bruno de latour