La domotique, concept pourtant séduisant, ne parvient pas à décoller : depuis quinze ans, les industriels du secteur tentent d’imposer leurs standards techniques propriétaires au détriment des besoins des consommateurs. Quelles prises, quelles connexions, quels protocoles de communication peut-on utiliser pour établir un dialogue entre le téléphone, l’ordinateur, le réfrigérateur, la commande d’éclairage, la régulation thermique ou le système de sécurité ? Ces questions restent sans réponse globale et pénalisent du même coup les fabricants ou les installateurs de systèmes et les utilisateurs finaux. Mais l’Internet sans fil semble pouvoir débloquer cette situation : c’est la dernière chance de la domotique.

Intranet domestique.
Ainsi, la technologie Bluetooth, initiée entre autres par Ericsson, IBM, Intel, Nokia ou Toshiba, industrialiset-elle l’Internet sans fil. Son principe : une puce électronique qui reçoit et émet ses signaux par communication radioélectrique à la vitesse de 1 mega bit par seconde. Soit 20 fois la vitesse d’un modem classique et presque 100 fois celle d’un modem GSM (téléphone mobile). Qui plus est, le signal peut même traverser les murs ! Aujourd’hui, c’est l’intranet domestique qui est la cible des promoteurs de cette technologie. Un marché estimé à 13 milliards de francs à l’horizon 2005 selon la revue Domotique News. Les Américains concoctent également leur propre solution domotique avec une initiative baptisée Wi-Fi dans laquelle on retrouve Microsoft, Cisco ou Sony. Ces grandes manoeuvres donnent à une nouvelle génération d’entreprises innovantes l’occasion de damer le pion aux ténors du secteur comme Legrand, Schneider Electric. Ainsi la PME bordelaise ” e-device ” développe-t-elle des microprocesseurs qui permettent aux équipements ménagers de communiquer, soit par Internet sur ligne télécom, soit sur le réseau électrique. Citons également ” Come One “, qui développe la vidéo-surveillance à distance via Internet. D’autres entreprises se servent encore de signaux radioélectriques pour contrôler à distance une chaudière, comme le breton Delta Dore avec son procédé Thermoflash.

Un marché naissant.
Le marché de la maison communicante a commencé à exister grâce à l’informatique domestique. Avec sa cohorte de périphériques, l’ordinateur a imposé un nouvel ordre de câblage. Lorsqu’un deuxième ordinateur fait son apparition dans la maison, le réseau domestique trouve alors sa pleine justification. On peut grâce à lui partager imprimante, scanner, et surtout modem, sésame de l’accès à Internet. Tant et si bien que Microsoft s’est doté d’une division ” e-Home ” au travers d’un accord avec le coréen Samsung signé il y a deux semaines. Objectif : lancer une nouvelle gamme de produits basés sur des équipements informatiques communicants. ” Nous entrons dans la décennie de la domotique “, a lancé Bill Gates depuis Séoul. Une offensive qui menace de plein front les autres industriels.