L'énergie connectée

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Nos industriels sont-ils convaincus de cette opportunité ? L’innovation n’est pas encore bien entrée dans les moeurs du bâtiment. On est encore loin du réseau énergétique intelligent auquel les Smart Grids veulent nous faire croire depuis longtemps.
« Transformer les immeubles en mini centrales électriques afin d’assurer leur alimenta-tion en électricité en collectant sur place les énergies vertes », un rêve lancé par Jeremy Rifkin qui, en 2012, nous expliquait à Lille que les acteurs du bâtiment allaient s’allier aux entreprises de l’énergie renouvelable. C’était ignorer l’inertie du secteur. C’était en tout cas la vision d’un futurologue éclairé convaincu que les ingénieurs des Mines de Douai pourvu d’un Master « Bâtiment à Énergie Positive » allaient rapide-ment conduire les premiers chantiers de bâtiment capables de s’adapter aux nouveaux usages. Un simple thermostat connecté, d’apparence inoffensive, créait une sorte d’électrochoc du secteur en septembre 2014. En dévoilant NEST, la filiale de Google donnait de la visibilité à ce marché obscur du pilotage résidentiel. Personne n’y avait pensé. Six mois plus tard, Schneider Electric lançait Wyser, accompagné d’un budget conséquent. Il aura fallu que des start-up innovantes investissent ce secteur pour qu’il soit ensuite pris en consi-dération par les timides industriels du secteur. « La France est très en retard », n’hésite pas à confier à Domotique News Étienne Wurtz, directeur de recherche CEA à l’Ines qui pilote le projet Comepos (Conception et construction Optimisées de Maisons à Énergie Positive) qui constate à longueur de réunions que les industriels nationaux ont bien des difficultés à faire communiquer leurs produits entre eux. Nos voisins allemands ont une nette avance sur nous, car ils ont une vision plus globale et plus connectée. C’est précisément la vision de la société NEST, dont le Auckland Nest Learning Thermostat entre dans sa 3e génération. Toujours une longueur d’avance. Seul Netatmo (qui annonce des économies de 37 % sur les factures de chauffage), histoire de dépasser son concurrent allemand TADO (31% d’économie annoncée) lequel est compatible avec 95% des chaudières (non éléctriques) tandis que le Français Qivivo, multi com-patible, reste plus discret. Son confrère Ween, star montante du secteur, plus raisonnable annonce 25 % d’écono-mie en moyenne. On notera que toutes ces innovations viennent d’entreprise ayant moins de dix ans d’ancienneté. Et pourtant  » sait que la dépense annuelle des ménages liée à l’énergie dans le logement atteint environ 1600 euros, en hausse régulière. Le chauffage est le plus gros poste de dépense d’énergie (67 % des consommations d’énergie dans le résidentiel) en France. Malgré tout, les fournisseurs de services éner-gétiques d’optimisation des dépenses et des consommations d’énergie ne ré-pondent pas aux attentes des ménages français. L’utilisateur, sensible aux éco-nomies d’énergie et aux bénéfices écologiques associés, attend un produit simple à comprendre et à utiliser. C’est cette valeur ajoutée qui doit être mise en avant.Bruno de Latour

Domotique News

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