Le monde numérique évolue très rapidement et la dépendance du grand public à internet ne cesse de croître. 60 % des internautes n’ont pas confiance dans internet. Seul un Français sur deux prend des mesures de sécurité à l’encontre des objets connectés. Les malwares mobiles ont faits un bond de 151 % en un an.

Victime récemment d’une panne d’internet de trois jours, suite aux intempéries, j’ai pu mesurer l’inconvient de ne plus avoir de téléphone fixe, plus de télévision, plus d’accès aux commandes d’ouverture du portail, aux fenêtres de toit, plus de contrôle des éclairages Philips Hue, plus d’information météo de Netatmo, plus d’ouverture des portes motorisées, mais surtout absence de sécurité du logement, hors service des contacteurs, détecteurs ou caméras de surveillance. Sans messagerie, sans réseaux sociaux, sans information (sauf celle du poste de radio), vous êtes brutalement hors du monde. La dépendance n’a jamais été aussi grande. Si l’électricité a ses onduleurs, l’internet en est dépourvu. Voilà aussi ce qui peut se passer en cas d’action malveillante. En France, seuls 48 % des consommateurs prennent des mesures de sécurité à l’encontre de leurs objets connectés. Pourtant nos PC, smartphones, tablettes, jouets connectés et autres objets domotiques et connectés peuvent compromettre la sécurité des consommateurs. Pourtant, 96 % considèrent la sécurité de leurs objets connectés comme importante, mais seulement la moitié d’entre eux prennent des mesures de sécurité (49 %). 60 % des internautes n’ont pas confiance dans internet, mais tous lui confient leurs données. Il faudra évidemment veiller à ce que les innovations futures intègrent mieux les questions de sécurité. Un rapport de l’ambassade de France au Japon vient de paraître sous le titre, « La cybersécurité au Japon & coopération scientifique franco-japonaise ». Il tire la sonnette d’alarme sur ces attaques, en augmentation de 42 %, qui ciblent désormais les grands groupes comme les PME, les gouvernements comme les individus. L’époque est à la crise de confiance. Le numérique n’y échappe pas. Il se diffuse de plus en plus rapidement, et plus profondément, au fur et à mesure que des secteurs traditionnels se transforment sous la pression de la mobilité, du Big Data, de l’intelligence artificielle (IA) et de l’internet des objets. Au dernier congrès de l’IDate à Montpellier plusieurs interventions ont mis l’accent sur les risques de l’hyperconnectivité. Les espoirs de croissance associés à la révolution numérique ne doivent pas décevoir.
Bruno de Latour